Suicide

Deux hommes sont à l'origine de Suicide, Alan Vega qui rencontra Martin Rev alors claveriste et batteur au sein d'un groupe de jazz expérimental. Vega quant à lui après s'être détourné de la poésie à l'image d'Hell et de Verlaine, intégra en tant que chanteur et guitariste une formation rock sans grande importante ni répercussion.

Vega et Rev quittent leur deux groupes respectifs pour former le leur en compagnie d'un deuxième guitariste en 1970. Leurs influences vont donc du jazz (apport de Rev) au protopunk comme Iggy Pop ou le Velvet Underground (influences de Vega). Ils donnent un premier concert dans le quartier de Broadway qui terminera dans le chaos et en bagarre générale. Vega était habillé d'une veste de cuir ornées de chaînes (ce qui était encore peu courant à l'époque) et s'amusait à cogner les murs avec une chaîne de vélo. L'attitude et la provocation punk à venir était déjà présente au sein de cette formation.

Vega et Rev vire quelques mois après son arrivée le guitariste, afin de s'éloigner disent-ils encore plus du rock traditionnel de l'époque. Rev ne jouera plus de batterie mais se concentrera sur ses claviers (déjà electroniques).

Vega laisse quant à lui tomber la guitare et se focalise sur son chant. C'est alors un duo voix/clavier qui les éloigne définitivement comme ils le souhaitaient du rock de la fin des années 60 et du début des années 70. Ils font des reprises minimalistes du Velvet Underground comme « Sister Ray » et composent aussi des morceaux toujours plus répétitifs. Le groupe inspirait vraiment méfiance et peur, car loin de dénoncer la folie de la ville et de ses habitants de manière dérisoire comme les New York Dolls, Suicide la dénoncait de manière beaucoup plus violente, inquiétante et froide. Vega pendant certains concerts dès 1972 , bloquait la porte de sortie afin de garder en otage son public, ou même encore le menacait tout en se frappant le visage avec son micro.

La seule salle voulant encore bien les accueillir après un tel deferlement de folie et de démence fût la même que les New York Dolls, le Mercer Center Arts ou encore le CBGB en 1973, mais plus pour longtemps, puisque Kristal refusa catégoriquement par la suite de les réinviter (jusqu'en 1977 où il leur laissa toutefois une chance de se rattrapper sous l'impulsion de Thau).

Dès 1973 le groupe disparaît de la circulation, n'ayant plus d'endroit où jouer suite à la fermeture du Mercer Center Arts. Vega se plaira à dire que cette absence aura servi à rendre la musique de Suicide plus commerciale.

Ce n'est qu'en 1975 que Suicide sera invité à jouer au Max's Kansas City, l'autre bar punk-rock de New York. Le punk depuis s'est totalement développé et fait partie intégrante du paysage musical new-yorkais.

Marthy Thau (ex manager des New York Dolls) créa la même année son propre label et signa Suicide comme premier groupe. Ils enregistrent le titre Frankie Teardrop qui traite de la démence d'un père de famille que le travail rend malade et qui finit par tuer femme et enfants avant de se suicider. Ce titre dure 10 minutes et peut être qualifié d'electronique bruitiste et marquant par les hurlements d'une jeune femme. Il figure dans leur premier album Suicide sorti en 1977. Il est rejeté par les punks qui le trouvent beaucoup trop minimaliste et sombre à l'image de Kraftwerk (autre formation electronique allemande), mais sera repris et reproduit par le post punk et la new wave un peu plus tard.

Leur première tournée a lieu en 1978. Ils se produisent aux côtés de groupes comme les Clash ou encore Elvis Costello (que l'on peut qualifier d'artiste new wave). Cette tournée sera un vrai massacre et un véritable échec. Vega se recevra même une hâche au visage. Ce deferlement de violence lors de leurs concerts empêchera même Costello de jouer après Suicide en juin 1978 à Bruxelles.

En 1980, Suicide sort un deuxième album en collaboration avec le chanteur des Cars (formation new wave américaine): Alan Vega- Martin Rev.

Il se révèlera être beaucoup plus accessible que le premier mais incarne un véritable flop, car depuis, les formations inspirées du premier album telles que Depeche Mode ou encore Soft Cell n'ont cessé de pulluler et de faire de la musique electronique, une musique grand public.

Le groupe décide de tout arrêter dès 1980 ne décidant de se reformer que de manière irrégulière afin de donner quelques concerts et de sortir deux albums supplémentaires : A Way OF Life et Why Be Blue en 1988 et 1992.

Vega s'est aussi tourné parallèlement vers une carrière solo des plus rockabilly et très loin de la musique electronique de l'album éponyme de Suicide qui ne cesse encore aujourd'hui d'inspirer (aux côtés des Kraftwerk allemands) nombre de formations electroniques à l'instar de sa carrière solo qui elle n'a pas de grande répercussion.

Vidéo : Suicide - Ghost Rider
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Tuesday, 29 April 2008 at 4:43 AM

Edited on Friday, 23 May 2008 at 5:12 AM

The Cramps

Tout commence pour eux dès la rencontre en 1972 de Eric Lee Purkischer et de Christine Wallace à Los Angeles. Les deux accolytes sont passionnés par les films de série Z, et par le rockabilly. Il collectionnent des dizaines de vinyls issus des années 50 et 60, lui est plus tourné vers le rock du sud des états-unis et elle plus passionnée par le rock'n'roll de la côte californienne et new yorkais.
Ils décident quelques mois après leur rencontre de s'installer à Akron (Ohio). De là il n'est pas rare que le couple fasse près de 9 heures de route jusqu'à New York afin d'assister aux concerts des groupes punk donnés au CBGB.

En 1975 ils font le grand pas et partent vivre à New York, berceau de la musique punk. Lux travaillait chez un disquaire où il rencontra Greg Beckerleg (Bryan Gregory) et sa soeur qui avaient bizarrement les mêmes goûts musicaux qu'eux. Ils décidèrent de former un groupe du nom de The Cramps composé de Gregory comme deuxième guitariste (Wallace « alias Poison Ivy » étant la première), et de sa soeur à la batterie: Pam Balam totalement novice. Le chanteur est quant à lui incarné par Eric Lee Purkischer qui se fait surnommer « Lux Interior ». Bryan Gregory jouait des lignes de basse sur sa guitare, le poste à l'instrument approprié étant vacant.
Pam Balam qui ne savait pas jouer de batterie quitte le groupe durant l'été 1976 et est remplacée par Miriam Linna.

Les Cramps donnent leur premier concert dans le célèbre bar CBGB en novembre 1976. C'est un massacre, ils ne savent pas jouer. Krystal ne veut plus jamais les voir sur sa scène. Le même mois ils tentèrent leur chance dans l'autre bar punk de la ville, le Max's Kansas City. Dans le public se trouvent les Ramones qui avouent apprécier très fortement leur musique avant de convaincre Kristal de leur relaisser une chance au CBGB.
Miriam Linna n'est pas convaincue par le style musical joué par les Cramps, elle décide donc de quitter à son tour le groupe en 1977. Linna sera immédiatement remplacée par Nick Knox qui lui apprécie tout autant que Lux ou Ivy le rockabilly ou encore le garage 60's. Leur imagerie tourne alors autour des films d'horreurs de série Z, du kitsch, de fantômes, de science fiction médiocre... se retrouvant dans leur premier clip musical « Garbage Man » tourné dans un cimetière. Ces apparences ne sont que dérision et humour mélangés au cocktail explosif de l'attitude punk, dont fait preuve le concert donné au milieu d'internés dans un hôpital psychiatrique en 1978, ou encore les prestations ou Lux Interior nu n'avait que pour seul apparat une chaussette cachant son sexe.
En 1978, les Cramps créent leur propre label, Vengeance, et peuvent ainsi enregistrer et publier deux singles, Surfin Bird doublé de The Way I Walk et enfin Human Fly-Domino qu'ils avaient enregistré en 1977. Tous ces titres réapparaitront sur le mini-album « Gravest Hits » après que le groupe ai signé un contrat chez IRS records en 1979. C'est en 1980 que sort leur premier album « Song The Lord Taught Us ». On y retrouve des influences tantôt rockabilly, tantôt garage que les Cramps ne cachait pas auparavant. L'energie des Cramps y est, leur agressivité et leur folie aussi. L'année 1980 représente pour le groupe la réussite musicale avec un album très bien acceuilli mais aussi une apparence faisant parfois défaut, à l'image de celle de Gregory. Tout le monde le connaissait pour sa mèche décoloré cachant son visage, mais personne ne faisait trop attention à son jeu de guitare. Il ne le supportait pas et quitte donc le groupe en mai 1980. Pour l'anecdote, la maison de disques chez qui les Cramps avaient signé fit circuler la rumeur que Gregory quittait le groupe pour rejoindre une obscure secte de sorcellerie. Elle pensait sans doute que ceci collait bien avec l'imagerie et l'attitude du groupe. En fait il n'était pas question de rejoindre une secte ni de vouer un culte à quiconque, Bryan Gregory allait reformer un groupe avec une de ses amies, rien de plus.

Après ce départ, Les Cramps décidèrent de retourner vivre à Los Angeles et invitèrent Brian Tristan (ex Gun Club qu'ils baptisèrent Kid Congo Powers) à rejoindre le groupe en remplacement de Bryan Gregory. Ils sortirent en 1981 chez IRS le deuxième album « Psychedelic Jungle » dans lequel nous retrouvons malgré l'absence du premier guitariste, toute l'énergie et l'éfficacité mêlant punk et rockabilly présentes sur « Song The Lord Taught Us ». Ici les rythmes sont trainants, interminables comme pour bien imprégner nos oreilles et nos cerveaux de leur magie musicale. La voix de Lux est étranglée, complètement mystérieuse, exceptionnelle et imprévisible.
En 1983, sort une compilation regroupant des morceaux inédits et provenant des deux premiers albums puis publie aussi un live « Smell Of Female » enregistré à New York au Peppermint Lounge. Kid Congo Powers décide de retourner jouer au sein de son premier groupe les Gun Club. Temporairement remplacé par Ike Knox (cousin de Nick Knox) , il le sera de manière permanente par l'arrivée de Candy Del Mar (bassiste) après la sortie du troisième album des Cramps.
Ca n'est qu'en 1986 qu'ils décident de sortir « A Date With Elvis » tout aussi remarquable que les deux précédents et toujours aussi imprégné de groupes garage et rockabilly. Ils sortent la même année un deuxième live enregistré cette fois ci en Nouvelle-Zélande : Rockin n Reelin in Auckland New Zealand.
Trois autres albums sortent dès 1990, avec Stay Sick puis, Look Mom No Head en 1991, et Flame Job (1994). Ivy dans ce dernier album semble s'occuper entièrement de la composition et des textes. Le line up dans ces trois derniers albums n'a cessé d'être modifier. Candy Del Mar fut remplacée par Slim Chance puis Nick Alexander pris la place de Nick Knox dès 1990.

Les Cramps sont devenus au fur et à mesure des années très prévisibles musicalement, ceci est démontré par Big Beat From Badsville et Fiends Of Dope Island sorti en 1997 et en 2004. Ils n'apportent rien de plus à leur originalité initiale, mais tout reste parfaitement bon !

Vidéo : The Cramps - Garbage Man
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Tuesday, 29 April 2008 at 4:34 AM

Edited on Wednesday, 14 May 2008 at 4:44 AM

Blondie

Blondie doit être honorée pour son incroyable dynamisme au sein de la scène punk naissante et pour ses diverses apparitions au CBGB qui tissa à elle et son groupe une certaine réputation.

Le groupe sera fondé du désir de deux personnes :Debbie Harry et Chris Stein. Debbie quitte ses parents en 1965 pour aller habiter à New York. Elle joua dans diverses formations psychédéliques puis fut serveuse dans de nombreux bars dont le Max's Kansas City. En 1973 elle monte les Stilettoes en compagnie de Roseanne Ross et d'Elda ce qui en fait un groupe purement féminin. Il n'en sera pas longtemps ainsi puisque Ross quitte le groupe après que Chris Stein (qui allait devenir le mari de Harry) ai proposé de devenir guitariste du groupe ainsi que Fred Smith devint le bassiste. Billy o'connor s'occupa quant à lui des parties rythmiques. Ils firent leur premier concert au CBGB en première partie de Television avec deux nouvelles choristes : Jackie et Julie.

En 1974, Ivan Kral se joint au groupe en tant que guitariste après que O'Connor et les deux choristes ai décidé de quitter le groupe afin d'entamer des études de droit. Clem Burke devient aussi le batteur et les deux anciennes choristes sont remplacées par Tish Et Snookie. Un an plus tard, Fred Smith décide lui aussi de quitter Angel & The snakes (deuxième nom du groupe) afin d'intégrer le groupe Television, Kral suivra le même chemin mais pour intégrer le Patti Smith Group.

C'est ainsi qu'Harry et Stein décident de recruter un bassiste et un claviériste :Gary Valentine et Jimmy Destri.

Le groupe ainsi formé est invité à jouer toutes les semaines au CBGB pendant 7 mois, sous le nom de Blondie. Ce nom fut adopté après que les anciennes choristes et Harry se soient décolorés les cheveux pour monter sur scène.

En 1976 Blondie sort un 45 tours coproduit avec Marty Thau (ex manager des New York Dolls) « X-Offender In The Flesh » après avoir rencontré le producteur Richard Gottehrer au CBGB. L'énergie du punk y est réuni ne serait-ce que par la voix d'Harry mélodique mais très imprévisible. Un album éponyme sort la même année. « Blondie » sera fortement marqué par les influences pop rock des années 60 et renverront le groupe à juste titre plus que d'autres vers cette musique ainsi que vers le pop-art de Wahrol. Leur musique est loin d'être particulièrement et uniquement punk. Ce fut leur cas comme ce fut le cas de Patti Smith et ses acolytes. Toutefois en dehors de cette énergie dégagée, l'attitude assez provocante et excentrique du groupe feront de Blondie une formation phare du punk new yorkais. Après la sortie de cet album ils se produiront même en première partie d'Iggy Pop.

En 1977 un autre album est publié « Plastic Letters » qui aura vu le jour sans Gary Valentine qui quitte alors le groupe. Il sera définitivement l'album le plus punk de Blondie au niveau de la musique autant que des textes touchant les même thèmes que leurs amis new-yorkais avec toutefois une touche de fantaisie en plus. Faisant office d'hommage et de renvoi unique au premier album et à ses influences, le titre « Denis » est beaucoup plus pop-rock que punk.

Valentine est remplacé par Frank Infante. C'est en 1978 que Blondie devient populaire en Europe et surtout en Angleterre. Elle fut précurseuse de Madonna par son look et son imagerie, ceci plut.. Parallel Lines sorti en 1978, mélange toutes sortes de style le hard rock comme la disco (à l'image de l'album éponyme) et surtout devint numéro 1 des charts britanniques. Infante devient guitariste après cette sortie et lègue sa place à un nouvel arrivant: Nigel Harisson.

Blondie ne pert pas de temps et sort en 1979 un album rock des plus originaux puisqu'en effet Eat To The Beat voit chaque morceau accompagné d'une vidéo. Le groupe par sa musique est de moins en moins à rattacher à la musique punk. En effet dès 1980, Blondie publie « Autoamerican » qui lui est tout à fait jazz puis un autre CD solo de la chanteuse Harry en 1981 « Koo Koo » très orienté funk.

Chris Stein tombe sévèrement malade en 1982, ceci signe alors le glas pour Blondie. Mais Harry continue sa carrière solo entamée par « Koo Koo » et sort quelques albums dont « Def, Dumb & Blonde » en 1989. Encore une fois la chanteuse est très éloignée du style punk des débuts de Blondie. Elle ne rencontre aucun succès avec sa musique pop édulcorée face à Madonna, l'artiste montante et suprême de ce genre à l'époque.

En 1998 que le groupe se reforme avec tous les membres originels :Harry, Stein, Destri et Burke. Ils sortent un dernier album la même année « No exit » qui malgré la tournée mondiale l'accompagnant rencontre un succès mitigé.

Blondie est qualifié de pillier du punk américain et plus particulièrement new yorkais, plus par son attitude que par la musique en elle-même.

Vidéo : Blondie - X-Offender (Blondie)
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Wednesday, 09 April 2008 at 4:29 AM

Patti Smith (& her band)

Patti Smith participa à l'expansion de cet engouement tout autant que Television. Elle naquit à Chicago en 1946 et très jeune se prend de passion pour la musique, la peinture ou la poésie après avoir demménagé dans le New Jersey avec sa famille. Elle voulait devenir peintre après avoir découvert Dali et Picasso lorsque son père l'emmena dans un musée.

Adolescente, elle aimait les musiques noires américaines telles que le jazz et le gospel après avoir découvert John Coltrane, Nina Simone ou encore James Brown. Patti tombait souvent malade, c'est ainsi qu'elle reçut de sa mère un CD de Bob Dylan et ce fut une autre révélation. Puis elle découvrira en 1965 les Rolling Stones puis la poésie française qu'elle admire tout particulièrement (comme Verlaine et Hell de Television).

Elle obtiendra par la suite un diplôme d'art et envisagera des études de dessin interrompues par sa grossesse. Elle n'était pas prête à la vie de famille et abandonna donc son enfant à un service social du New Jersey où elle habitait encore.

Elle décide de s'installer à New York en 1967 et rencontre Robert Mapplethorpe avec qui elle aura une liaison avant de se décider à partir à Paris en mai 1969 afin de se ressourcer et de trouver l'inspiration necessaire à ses travaux artistiques.

Elle revient à New York quelques années plus tard et s'installe au Chelsea Hotel où elle rencontrera de nombreuses personnalités dont Bob Neuwirth (très proche de Bob Dylan), William Burroughs qu'elle apprécie grandement, ou même Janis Joplin dont elle deviendra très proche.

Mais la rencontre décisive sera celle de Lenny Kaye, journaliste musical pour la revue Creem. Patti Smith écrivait beaucoup de poèmes et aimait les réciter en public. Lenny décida de l'accompagner à la guitare et lui propose de coécrire avec lui pour divers magazines musicaux, ce qu'elle accepte. Elle publie aussi en 1971 et 1972 deux recueils de poésie, et de cela plusieurs personnes lui demandèrent de devenir chanteuse.

Ca n'est qu'en 1973 que Patti s'y décidera, d'abord en s'accompagnant d'un piano en première partie d'un concert des New York Dolls donné à l'Oscar Wilde, puis en proposant à Lenny Kaye de l'accompagner de façon permanente à la guitare.

Puis en 1974 après une prestation de Television au CBGB elle décrète qu'il lui faut monter un groupe de punk rock, ensemble ils se mettent alors à la recherche d'un pianiste qu'ils trouveront en la personne de Richard Sohl.

Patti et son groupe sortiront alors en juin 1974, un 45 tours avec sur la face A une reprise de Jimi Hendrix « Hey Joe » et sur la face B son célébre titre « Piss Factory ». Ils se produiront suite à cette sortie en première partie de Television au CBGB. Mais Patti ne trouve toujours pas son groupe très rock, c'est ainsi qu'ils recrutent Jonathan Richman (ex Modern Lovers) à la batterie et un guitariste, Ivan Kral (ex Blondie). Le groupe est maintenant au complet et se fait appeler The Patti Smith Group. Toutefois occure un changement de batteur, Richman quitte le groupe et est remplacé par Jay Dee Daugherty (DJ du CBGB), tandis que Kral passe à la basse.

Horses sorti en novembre 1975 est le premier album du groupe, coproduit d'ailleurs avec John Cale (ex bassiste du Velvet Underground). Le morceau initial « Gloria » est une reprise de Van Morrison qui est un artiste rock anglais que Patti apprécie tout particulièrement. Elle ouvre le bal de cette reprise en récitant d'abord un de ses poèmes, ce qui teintera son album de poésie et de littérature et insufflera ainsi quelque chose de nouveau au rock. La dame s'accompagnera tout au long de ce disque de son piano, sa voix y sera impressionnante et agressive au possible et fera d'elle la première femme de l'histoire du punk. Les textes quant à eux seront empreints de mélancolie, de rage, de folie, de violence et c'est ainsi que se retrouve comme pour Television l'influence qu'a pu avoir Lou Reed et sa bande sur le punk. Patti Smith par ses écrits plus que par la musique en elle même est punk et se rapproche donc des groupes précurseurs.

Horses est très apprecié du public et se vend très bien ce qui permettra au groupe de Patti de jouer dans des salles plus grandes que le CBGB comme le Bottom Line à New York, puis de tourner à travers les Etats-Unis en interprétant non seulement des compositions personnelles mais aussi des reprises de Lou Reed.

Puis viendra indéniablement devant un tel succès une tournée européenne en début d'année 1976 qui sera très appréciée et qui poussera le groupe à enregistrer très vite un deuxième album du nom de Radio Ethiopia qui se vendra lui très mal à l'image du deuxième album de Television.

En 1977, le groupe tente de revirer la situation vers le droit chemin en sortant un 45 tours live enregistré à Paris, mais ceci n'y fera rien, le groupe est bel et bien sur le point d'être oublié et délaissé. Patti Smith lors d'un concert en janvier 1977 se casse les cervicales en ayant essayé d'implorer Dieu de toutes ses forces, elle reste alors alitée quelques mois puis revient avec son groupe donner des concerts au CBGB qui ne l'a pas oubliée.

En avril 1978 elle enregistre un troisième album « Easter » qui marque bien son grand retour. Cet album est façonné comme Horses autour d'une littérature omniprésente, il y figurera même des références bibliques malgré l'atheisme de Patti. Sa voix est toujours double, parfois mélancolique, d'autre fois enragée et agressive. Tous les ingrédients sont réunis pour nous refaire gôuter à l'image d'Horses aux charmes de Patti et de son groupe, après un second album décevant sans doute par ses expérimentations loin d'être punk.

Elle part le même mois en Europe afin de chanter et de réciter ses poèmes. Elle tombe amoureuse de Fred Sonic Smith (ex MC5) et décide de ne plus le quitter c'est ainsi qu'elle enregistre un album d'adieu « Wave ». Il se révèlera être son plus gros succès. C'est en septembre 1979 qu'elle donnera son dernier concert en compagnie du groupe à Rome.

Elle décide de se consacrer entièrement à sa famille et à la poésie. Ca n'est qu'en 1988 qu'elle revient au devant de la scène avec un album pour le moins décevant: Dream Of Life. Il sera teinté du décès de son ami Mapplethorpe atteint du sida. Puis c'est au tour de son pianiste Sohl de succomber à une crise cardiaque en 1990. Il semble que la chance n'est pas été l'amie de Patti puisque c'est au tour de son mari puis de son frère de mourir de crises cardiaques en 1994.

Endeuillée, elle se lancera dans de nouvelles tournées aux Etats-Unis puis en Europe dès 1995 puis publiera en 1996 un énième album :Gone Again , en 1997 suivront The Bridge School et Peace & Noise puis Tibetan Freedom Concert en 1998.

Elle a aussi publié depuis le début de ce nouveau siècle trois autres albums :Gung Ho (2000); Trampin (2004) et enfin Twelve en 2007. Aucun de ses albums ne réflètent la Patti Smith punk caractérisée par Horses et Easter.

Patti Smith sera la dernière artiste à jouer au CBGB qui ferma ses portes en octobre 2006, suite à des loyers impayés par le patron Krystal. Quelques mois plus tard il succomba à un cancer du poumon à l'âge de 74 ans. Mais outrepassons ce triste événement en faisant hommage à d'autres groupes punk américains que Krystal pourrait se vanter d'avoir vu jouer dans son propre bar en plein New York.

Vidéo : Patti Smith - Because The Night (Easter)
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Wednesday, 09 April 2008 at 4:12 AM

Edited on Wednesday, 09 April 2008 at 4:27 AM

Television

Television est le premier groupe de la vague punk new-yorkaise à s'être donné sur scène au CBGB, cette formation eut de cela une certaine influence sur d'autres groupes tels que les Ramones dans leur choix d'y jouer aussi. Il est donc normal de les aborder et de leur faire hommage avant les autres.

Le groupe est le fruit de deux hommes prénommés Tom Miller et Richard Meyer (qui sera quelques mois plus tard Richard Hell). Ils se rencontrèrent durant leur enfance et devinrent inséparables jusqu'à ce que les kilomètres les sépare. En effet Richard Meyer passionné de lettres françaises décida de partir de Delaware pour New York afin de tenter de se faire une place comme poète. Son ami lui ne quitta pas tout de suite la région, il envisagea des études en vain Il décida donc de le rejoindre et ils travaillèrent ensemble pendant quelques mois dans une librairie tout en expérimentant nombre de drogues. Ils écrivirent ensemble un recueil poétique qui ne recu aucune éloge satisfaisante. Face à cet échec littéraire, Ils se détournèrent alors de la poésie pour embrasser la musique. Ce retournement de situation eu lieu lors d'un concert des New York Dolls à l'Oscar Wilde où ils prirent conscience que d'autres envolées artitisques pouvaient être possible en dehors de la poésie.

C'est en 1972 qu'ils monteront un groupe nommé les Neons Boys avec Billy Ficca à la batterie qui étaient un ancien ami du Delaware. Meyers fut bassiste alors qu'il n'en avait encore jamais joué et le chant fut partagé entre lui et Miller, alors guitariste. Ils enregistrent une démo de 6 titres qui fut un echec, car leur musique était jugée trop anti-commerciale. C'est ainsi que Ficca est viré du groupe et Miller de se lancer dans une carrière solo prenant Meyer comme manager. Lors d'un concert de Tom, ils entendirent le guitariste Richard Lloyd (qui allait devenir le deuxième de Television) et eurent dans l'idée de reformer un nouveau groupe tout en rappellant Billy Ficca à la batterie. Tom Miller devint Tom Verlaine et Richard Meyer devint Richard Hell. Television était formé en 1974. C'est en mars de la même année qu'ils jouèrent au CBGB (concert auquel assiste Malcom Mclaren) après avoir donné un concert pour la première fois sous le nom de Television au Townhouse Theatre. Ils étaient musicalement novices et tout comme les New York Dolls apprirent à jouer sur scène et non lors de répétition.

En 1975, le groupe sort un single « Little Johny Jewel ». Il est marqué par un long solo de guitare de Verlaine qui évoque clairement ses influences: le rock psychédélique.
Peu après cette sortie, la relation entre les deux leaders s'obscurcit. Verlaine a en effet l'impression d'être délaissé sur scène par le public, au profit d'Hell. Il dit aussi de lui qu'il ne prête que peu d'attention à son instrument, la basse. Verlaine supprima les parties chantées par Hell et se fit alors l'unique chanteur.

Il voulait devenir Le leader du groupe et c'est ainsi qu'en mars 1975, Richard quitte le groupe à bout de nerfs. Malcom Mclaren en recherche d'un chanteur pour son groupe les Swankers en Angleterre tente de le convaincre de traverser l'atlantique à ses côtés. Il refuse et rejoint les Heartbreakers de Johnny Thunders (ex guitariste des New York Dolls) avant de monter son propre groupe les Voidoids. Malgré ce refus il se révélera incarner un véritable catalyseur pour le développement du punk anglais.

Quant au Television post-Hell, Verlaine décida d'engager un nouveau bassiste en la personne de Fred Smith (ex MC5 et Blondie). C'est en 1976 que la formation signe un contrat d'enregistrement chez Elektra, le disque Marquee Moon sortira alors en 1977.

Les influences et les solos des deux guitaristes y sont toujours très psychédéliques malgré un disque teinté de la violence et de la froideur de la ville.

Marquee Moon démontrera que le groupe bien loin du punk « officiel » puise aussi ses influences dans des musiques que le mouvement voulait rejeter: le rock psychédélique entre autre. Cet album fera de Television un groupe totalement différent au niveau du travail musical très atonal avec des instruments très bien maitrisés et liés, ceci avec une précision impeccable, mais punk tout de même par les textes poétiques et profonds de Verlaine évoquant le néant et la détresse (dans la même lignée que le Velvet Underground). Sa voix quant à elle est des plus enragées, des plus profondes, des plus étranglées.

Marquee Moon est un véritable succès et Television décide d'y répondre en enregistrant un nouvel album « Adventure » publié dès 1978. Il se révéla être un véritable échec par son éloignement avec Marquee Moon se qui mena à la séparation du groupe peu après avoir enregistré un dernier live « The Blow Up » qui ne sortira qu'en 1982.

Verlaine toujours si poétique continuera à s'affirmer musicalement et à démontrer sa parfaite maitrise de la guitare en sortant divers albums solo teintés parfois de touches orientales qui l'éloigneront définitivement des origines punk propre à Television.

C'est en 1991 que le groupe décide de se reformer pour un album éponyme ultime.
Television incarna dès 1972 sous le nom de Neon Boys l'attente d'une partie grandissante de la jeunesse new yorkaise puis anglaise d'un renouveau musical entamé par les groupes protopunk. Television aux côtés de Blondie, Patti Smith ou encore les Cramps lancèrent la roue infernale que représentait la déferlante punk.

Vidéo : Television - Foxhole (Adventure)
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Friday, 04 April 2008 at 5:23 AM

Edited on Wednesday, 09 April 2008 at 4:27 AM